La philosophie des ibadites repose sur le principe de la tolérance  religieuse et sur les efforts mis en œuvre afin d’éviter tout conflit. D’autres opinions religieuses ou modèles d’interprétation doivent être revus, mais pour les ibadites, c’est une honte de vouloir accepter les effusions de sang en raison de différences théologiques. Ainsi, il est tout à fait naturel que les sunnites et les chiites prient dans les mosquées à côté des ibadites. La prière commune adressée à Dieu ne connaît aucune controverse théologique. Tout un chacun doit personnellement rendre des comptes à Dieu.

Selon les sunnites, les imams doivent nécessairement être des descendants du Prophète Mahomet, c’est-à-dire un Quraychite. Pour les chiites, les imams sont seulement choisis parmi les descendants du calife Ali. Les ibadites, par contre, n’attachent aucune importance à l’origine de l’imam qui doit être désigné. Les ibadites partent du principe que tout musulman croyant et instruit en matière théologique est un candidat potentiel pour exercer la fonction d’imam. L’imam est le chef religieux et séculier qui dispose des pleins pouvoirs pour gouverner. Il est à leurs yeux le « premier parmi ses pairs » parce qu’en tant qu’homme il est une créature de Dieu parmi les autres créatures de Dieu. C’est pourquoi l’oumma, la communauté des musulmans, désigne un fidèle parmi ses membres qui, à ses yeux, est le plus qualifié  pour exercer cette fonction. Si personne ne peut satisfaire aux exigences élevées que requiert la fonction d’imam, cette dernière reste temporairement vacante. Tout imam, qui a été désigné, peut être destitué par l’oumma au cas où il ne répondrait pas aux attentes de sa fonction. Le premier imam ibadite fut désigné en l’an 132 AH (750 apr. J-C.). Le système de l’imamat dura jusqu’à la fin du siècle dernier.

Les ibadites ont toujours vécu en harmonie et en concordance avec les sunnites et les chiites. Encore de nos jours, les ibadites représentent  la majorité de la population en Oman. On trouve, cependant, aussi des ibadites dans d’autres pays, comme par exemple en Libye, Tunisie, Algérie et dans les États d’Afrique orientale.